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Rachida Dati devant la Culture ; 11 Md versés par Spotify à l'industrie ; Programme Midem 26 ; Audiences radios
L'actualité du music business
MUSIQUE, BUSINESS, ÉCONOMIE.
- Rachida Dati réitère ses engagements sur l’intelligence artificielle, l’accès à la culture et l’emploi des artistes, pour son dernier discours en tant que ministre
- Spotify a versé 11 milliards $ aux ayants droit en 2025, et la moitié des royalties aux labels et artistes indépendants
- Midem 2026: modèles économiques, export, AI, et futur du music business parmi les sujets majeurs des talks
- Radio: 400 000 auditeurs regagnés par les principales stations musicales fin 2025
RACHIDA DATI RÉITÈRE SES ENGAGEMENTS SUR L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, L’ACCÈS À LA CULTURE ET L’EMPLOI DES ARTISTES, POUR SON DERNIER DISCOURS EN TANT QUE MINISTRE
Le discours prononcé par Rachida Dati à l’occasion des voeux aux acteurs culturels le 29 janvier a sans surprise fait office de bilan quant à son action depuis son arrivée rue de Valois en janvier 2024. Pour autant, la musique a été relativement peu évoquée par la ministre de la Culture, candidate à la mairie de Paris, dont le départ du gouvernement sera très bientôt effectif. Plusieurs organisations du secteur de la musique ont récemment critiqué le manque de présence et d’engagement de Rachida Dati, la jugeant au contraire pleinement mobilisée dans la campagne pour Paris. Reste à savoir si une ultime prise de parole de Rachida Dati devant les acteurs et représentants de la filière musicale aura lieu dans les prochains jours au Midem à Cannes (4-7 février), ou aux Victoires de la musique (13 février).
“La musique est le parent pauvre de la politique culturelle“. Cette phrase, souvent prononcée par les acteurs de la filière musicale en période de campagne électorale, est une des rares positions faisant l’unanimité parmi les dirigeants et professionnels de la musique. Le discours de Rachida Dati à destination des acteurs culturels a rappelé la véracité de cette phrase, en s’inscrivant dans la continuité de ceux et de celles ayant occupé le poste de ministre de la Culture au cours des dix voire quinze dernières années.
La musique a été mentionnée une seule fois, pour mettre en valeur la contribution des industries culturelles à l’économie de la France. “Le dernier panorama des industries culturelles et créatives donne des chiffres éloquent: 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires et près de 600 000 emplois directs, soit le 3ème secteur économique du pays avec des secteurs où nous sommes reconnus parmi les meilleurs au monde comme la musique“ a déclaré la ministre. Les artistes ont également été brièvement évoqués.
Soutenir et impulser l’emploi des artistes
À la différence de ses prédécesseurs, Rachida Dati a tout de même été plus offensive dans ses déclarations, martelant des engagements majeurs qu’elle revendique depuis sa nomination, en convergence avec les intérêts des secteurs de la Culture et plus spécifiquement du music business. Le discours de la ministre de la Culture était axé sur l’accès à la culture, l’intelligence artificielle et plus globalement la souveraineté, ainsi que l’emploi des artistes.
Rachida Dati a de prime abord insisté sur le “besoin de culture des français“ et sur le rôle prééminent des artistes pour justifier la nécessité d’une politique culturelle engagée et ambitieuse: “Ce sont les artistes qui permettent l’accès à la culture dans la ruralité et les quartiers populaires, et le ministère doit les accompagner et les soutenir“. La ministre a salué la prolongation du dispositif Fonpeps (Fonds national pour l’emploi dans le spectacle), et revendiqué s’être mobilisée pour sa pérennité. “Je crois à ce dispositif et me suis battue pour qu’il soit maintenu, il le sera malgré le contexte budgétaire que nous connaissons. Nous assouplirons l’aide à l’emploi artistique“.
Transparence et rémunération des ayants droit
L’intelligence artificielle a sans surprise été particulièrement évoquée par la ministre de la Culture, qui a évidemment réaffirmé son attachement au concept de l’exception culturelle française, racine du droit d’auteur, des droits voisins des artistes et producteurs, et plus globalement de la politique culturelle en France. “Quand on a la chance de disposer d’un tel modèle, on a une immense responsabilité de le préserver face aux bouleversements technologiques, géopolitiques et face à nos tiraillements“.
Selon Rachida Dati, “l’avènement de l’intelligence artificielle pose la question de la transparence sur l’utilisation des oeuvres, et de la transparence découle l’effectivité du droit d’auteur et de la rémunération des ayants droit“. Une position en parfaite convergence avec celle des dirigeants des organismes de gestion collective en charge des droits des créateurs, éditeurs, producteurs et artistes-interprètes.
La ministre a notamment mis en évidence sa mobilisation pour faciliter les échanges avec les plateformes et solutions du secteur de l’intelligence artificielle, par le biais de la concertation mise en place au printemps 2025, ou encore le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle organisé à Paris en février 2025, évènement lors duquel la politique de régulation des plateformes menée par l’Union Européenne avait littéralement été fustigé par le Vice-Président de US, J.D Vance. “Quand je suis arrivée au ministère, la bataille était mal engagée et ma première action a été de tout mettre en oeuvre pour préserver le droit d’auteur et sa rémunération. Pour la première fois, lors du sommet international sur l’IA, la culture a eu toute sa place“. Rachida Dati a également réitéré son souhait de “défendre le droit d’auteur y compris par voie législative“, tout en soulignant que “la bataille se mène aussi à l’échelle européenne“.
Relégation de la musique parmi les priorités
Au-delà des déclarations symboliques, ce discours de la ministre soulève la question de la relégation du secteur de la musique parmi les priorités du ministère de la Culture et plus globalement du gouvernement. Rachida Dati s’est dite préoccupée par le financement du secteur du cinéma via le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). “Je me bats contre les velléités de plafonner les taxes affectées du CNC. Le cinéma français montre sa force, sa créativité et son attractivité“.
Rachida Dati n’a en revanche pas eu la même attention à l’égard de la musique, à un moment où le financement des missions du Centre national de la musique est fragilisé, en raison du plafond relativement stricte de la taxe sur la billetterie que la haute administration de Bercy (ministère de l’Économie) et les parlementaires et ont refusé de supprimer, et du manque de rendement de la taxe streaming, entre autres causes. Preuve ultime du manque de considération à l’égard du secteur de la musique, malgré la proximité de Rachida Dati avec plusieurs artistes: l’absence du Président du Centre national de la musique (Jean-Baptiste Gourdin) aux côtés de la ministre durant son discours, alors que son homologue du cinéma (Gaëtan Bruel) était présent.
Jason Moreau, Executive Editor, MUSICBIZ
SPOTIFY A VERSÉ 11 MILLIARDS $ AUX AYANTS DROIT EN 2025, ET LA MOITIÉ DES ROYALTIES AUX LABELS ET ARTISTES INDÉPENDANTS

Le leader mondial du streaming revendique avoir versé plus de 11 milliards de dollars à l’industrie de la musique au cours de l’année 2025. Un montant en hausse de 10% par rapport à 2024. Spotify revendique avoir reversé la moitié des royalties (redevances) aux labels et artistes indépendants.
Le total des sommes versées par Spotify aux labels, artistes ou encore aux éditeurs en fait la première source de revenus pour le music business à l’échelle mondiale. Une contribution colossale, permise à la fois par la croissance des abonnés payants de la plateforme et par la hausse des prix des abonnements sur un certain nombre de marchés. “Aujourd’hui, Spotify représente environ 30% des revenus de la musique enregistrée“ souligne Charlie Hellman, Head of music, qui précise que les redevances versées à l’industrie de la musique ont progressé davantage en 2025 que le total des revenus du marché.
La contribution globale de Spotify à l’économie de la musique, certes indéniable, ne fait toutefois pas l’unanimité. La plateforme fait face à toujours plus de critiques, de la part d’un certain nombre d’artistes, de dirigeants et de représentants des labels entre autres acteurs. Il est notamment reproché à Spotify de ne pas rémunérer suffisamment les ayants droit au regard du nombre d’écoutes et du nombre d’abonnés payants (750 millions). Le ‘loud and clear report’ publié en 2025 précisait qu’un artiste générant 1 million de streams percevait en moyenne plus de 10 000 dollars, un montant multiplié par 10 en dix ans.
Les dirigeants de plateforme de streaming revendiquent une fois de plus reverser près de 70% des revenus à l’industrie de la musique, et réinvestir la part restante sur la plateforme pour continuer d’innover, consolider ses services, et développer l’expérience des fans et consommateurs sur la plateforme.
MIDEM 2026: MODÈLES ÉCONOMIQUES, EXPORT, AI, ET FUTUR DU MUSIC BUSINESS PARMI LES SUJETS MAJEURS DES TALKS
L’évènement consacré au music business, qui aura lieu du 4 au 7 février à Cannes, propose une dizaine de talks par jour avec des conférences, keynotes, et témoignages. Plusieurs personnalités éminentes prendront la parole au Midem, dont Olivier Nusse (Président d’Universal Music France), Romain Vivien (Global Head of music de Believe), Dan Chalmers (Global Head of Music de YouTube), ou encore Laurent Bouneau (Directeur général des programmes de Skyrock).
Les professionnels, dirigeants et acteurs de la filière qui se retrouveront au Midem échangeront certes sur les sujets et enjeux purement business mais également à propos des défis sur le plan humain (emploi, santé mentale…). Parmi les thématiques majeures des talks: les modèles économiques, le développement des artistes, l’export ou encore l’intelligence artificielle, outre l’innovation annoncée en amont.
À l’ère où de nombreux artistes sont désormais producteurs, les artistes Agoria, Nicolas Molinder et China Moses échangeront au sujet de l’artiste-entrepreneur, le mercredi 4 février. Dans un environnement toujours plus concurrentiel entre les artistes sur les plateformes comme sur les social media, se posent les questions de développement des carrières, de singularité et de durabilité des artistes. La productrice Clarisse Arnou, Présidente de l’Union des producteurs français indépendants (UPFI) et l’artiste Jean-Noël Scherrer du groupe Last Train entre autres s’exprimeront sur ces sujets. Le marketing sera aussi évoqué, par des artistes comme Maureen et Lyna Mahyem lors de la table ronde dédiée au clip et la vidéo, mais également par les marques avec un talk dédié au storytelling auquel seront présents la DG de Mastercard France (Barbara Sessa) et Vincent Tajan, Head of music supervision chez Louis Vuitton.
La croissance de la consommation de la musique au profit des artistes locaux et le développement de la diversité feront l’objet de débats entre représentants de producteurs (Romain Vivien de Believe), de créateurs (Helienne Lindvall de la European composer and songwritter alliance), et de plateformes (Dan Chalmers de YouTube). L’export des artistes made in France sera au centre de plusieurs talks, dont une sur l’émergence de la pop française jeudi 5 février, ainsi que la keynote du Président du Centre national de la musique, Jean-Baptiste Gourdin, le vendredi 6 février.
L’intelligence artificielle, qui soulève divers enjeux en matière de création, de business et sur le plan réglementaire, sera au coeur de plusieurs conférences dont une avec la CEO d’Ircam Amplify, Nathalie Birocheau, mercredi 4 février.
Pour sa première prise de parole de l’année, le Président d’Universal Music France, Olivier Nusse, s’exprimera sur le futur et l’évolution du music business le vendredi 6 février, avec Angelo Gopee, CEO de Live Nation France.
Le programme complet des talks sur le site Midem.
RADIO: 400 000 AUDITEURS REGAGNÉS PAR LES PRINCIPALES STATIONS MUSICALES FIN 2025
Les principales radios musicales françaises sont finalement parvenues à rééquilibrer leurs audiences en fin d’année, après avoir perdu 500 000 auditeurs depuis début 2025. 17.1 millions d’auditeurs ont écouté les dix stations majeures diffusant de la musique sur le territoire français en novembre et décembre, une progression de 435 000 auditeurs par rapport à la vague précédente. Presque toutes les radios (sauf NRJ et Fun radio) ont enregistré des hausses de leurs audiences respectives, dont Skyrock, Nova ou encore RTL 2.

Le classement des premières radios musicales pourrait changer en 2026, l’écart entre les audiences des trois premières étant particulièrement réduit dans le dernier baromètre Médiamétrie. NRJ reste certes la première station dédiée à la musique avec 3.6 millions d’auditeurs quotidiens, mais la perte de 128 000 auditeurs en novembre-décembre s’ajoute à celle de 323 000 de la vague précédente (septembre-octobre). La radio a actuellement moins de 200 000 auditeurs de plus que Nostalgie (3.4 millions) qui affiche une hausse de 117 000 auditeurs. Skyrock affiche avec 3.3 millions d’auditeurs la meilleure hausse (+340 000) en comparaison avec la précédente période (septembre-octobre) comme avec l’an dernier (novembre-décembre 2024). La progression est également remarquable du côté de Radio Nova avec +296 000 aficionados par rapport à la vague précédente, et près de 500 000 auditeurs de plus en un an.
Les audiences des principales radios musicales en novembre-décembre 2025:
NRJ : 3.65 millions d’auditeurs (-128 000 vs septembre-octobre)
Nostalgie : 3.47 millions (+117 000)
Skyrock : 3.32 millions (+342 000)
RTL 2 : 1.96 million (+19 000)
Fun Radio : 1.61 million (-364 000)
Chérie FM : 1.93 million (+274 000)
RFM : 1.55 million (+70 000)
Rire et chansons : 1.32 million (+60 000)
Europe 2 : 1.03 million (+58 000)
Radio Nova : 1.2 million (+296 000)
M radio : 678 000 (+134 000)
Les indés radios : 7.08 millions (+338 000), pour 129 stations






